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C’est à Oran, au numéro 3 de la rue de Saïda, dans les Bas Quartiers, que je suis né le 9 juillet 1926 et enregistré à l’état-civil sous le numéro 134.sommes arrivés à Mascara en 1929. Ma courte carrière scolaire a commencé à l’âge de trois ans, par l’École Maternelle des Sœurs Trinitaires de Mascara où j’ai connu la tyrannie, les coups de règle sur les doigts, ou le cachot pour des peccadilles doute pour cela qu’on dit « les Bonnes Sœurs » Je me suis retrouvé à l’âge de six ans à l’école publique, rue Alexandre III, sous la direction de Monsieur Girard, dans la classe de son épouse. Cette classe se trouvait dans les appartements du Directeur et là, j’ai connu la délicieuse odeur de l’ammoniaque que nous faisait respirer Madame Girard pour nous punir. moment que j’ai aussi connu mon ami Pierre Duret. avons pendant plus affronté instituteurs et professeurs, puis la carrière professionnelle, au Crédit Agricole de Mascara. À l’École de Garçons Alexandre III, il y avait une institutrice qui a essayé d’effacer de nos mémoires tous mauvais s’appelait Madame Fratacci. Elle nous a donné le goût de l’étude et le sens du devoir, depuis le cours élémentaire jusqu’au cours moyen deuxième année. Avec plusieurs autres anciens l’avons soixantaine d’années plus tard, Draguignan dans le Var, au cours d’une réunion des anciens de Mascara. Au début de l’année scolaire 19361937, j’ai été envoyé par mesure disciplinaire à l’E.P.S. de Garçons. J’y suis resté jusqu’au 31 octobre 1940 où, après une altercation avec un professeur et le Directeur de l’établissement, j’ai abandonné les études pour me retrouver le lendemain, 2 novembre 1940 en train de balayer et de faire chauffer la colle dans la menuiserie de Monsieur Albert Grauby, place de l’Argoub. Au début de l’année 1942, j’ai été embauché aux P.T.T. comme facteur télégraphiste, après avoir prêté serment devant le Receveur et les Contrôleurs. C’est ce qui m’a valu d’être le premier civil mascaréen à être au courant du débarquement américain du 8 novembre 1942. Je n’y suis resté qu’une dizaine de mois, car le 2 novembre 1942, j’entrais à la Maison du Colon, dans le service du Crédit Agricole et j’y suis resté jusqu’au 31 juillet 1962. C’est de la terrasse de cet immeuble que j’ai assisté, le 5 juillet 1962, à la descente du drapeau français et à la montée du drapeau F.L.N. à la Mairie. Je pensais, comme Jean le Sénégalais, assis sur une pomme de terre : « Jean négro sur la patate > Pendant ma carrière professionnelle, j’en ai vu et entendu de toutes sortes. Vers la fin de la guerre 19391945, les colons avaient repris leurs activités, ralenties pendant les hostilités, mais ils étaient pour la plupart méfiants vis à vis des banques. Je me souviens d’un de ces propriétaires terriens, dans les environs de Mascara, tenté le coup de mettre son argent (qu’il gardait certainement entre les draps dans son armoire) en sûreté dans une banque. Il vient au Crédit Agricole, avec sous le bras une boîte de souliers remplie de billets de banque. Le Directeur lui explique le fonctionnement de la banque, et voilà notre colon qui repart tout content, après avoir vu nos coffres forts. Quelques jours plus tard, il revient chercher de l’argent pour payer ses ouvriers, mais lorsque le caissier lui remet la somme demandée, il fait un scandale en criant que les banquiers étaient tous des voleurs, qu’il regrettait de les avoir écoutés, que cela ne se passerait pas comme ça, etc… le Directeur vient voir ce qui se passe, il demande des explications et voilà la réponse qu’il obtient : « Vous m’avez volé mon argent !je l’ai porté, il était dans une boîte de souliers et vous me rendez n’importe quels billets.» Histoire authentique
décembre 1999 Phot |