SÉQUENCE ÉMOTION

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Je voudrais ici rendre hommage à la famille Carthagéna

(propriétaire du Bar du Stade à Mascara), le père, la

mère, les filles et les gendres, qui ont été pour moi une

deuxième famille. Entre 1959 et 1962, on était obligé de

prendre le convoi, pour aller de Mascara à Oran. Les

soldats qui composaient l’escorte se relayaient entre

Oran et Saïda au faubourg Isidore. Beaucoup d’entre

eux allaient se désaltérer ou grignoter un sandwich au

Bar du Stade.Monsieur Carthagéna, qui était un homme bon et

généreux, avait pour habitude de demander leur nom

aux nouveaux soldats. Un jour, l’un de ces soldats dit se

nommer Lopez, natif de PERIGUEUX et fils de maraîcher.

Alors commence une longue discussion : le patron

du bar voulait connaître le prénom du père, s’il se

trouvait du côté de la voie de chemin de fer, ce qu’il

cultivait, etc… Et il terminait en lui disant : « J’ai bien

connu ton père. » Interloqué, le soldat qui avait tout

juste une vingtaine d’années n’a pas osé le contredire.

Ce qui est amusant dans cette histoire qui a duré plus

d’un quart d’heure, c’est le quiproquo : Monsieur

Carthagéna, originaire de PERRÉGAUX, avait tout

simplement confondu PERIGUEUX et PERRÉGAUX,

où il avait un copain maraîcher du même nom. On a

bien rigolé et pour finir en beauté, il a payé la tournée

générale d’anisette.

Je vous envoie mon salut, Huguette, Pierrette, Hubert et

Albert.